Il se fait tard. Là bas le grand silence est tiré sur le repos des moines.
Les complies sont achevées.
Une dernière lueur a jailli pour honorer la mère de Dieu qui veillera sur tous ses enfants, grands enfants, plus aguerris que tous les soldats du monde.
Là bas la nuit sent la fumée de bois et l'humidité de la terre grasse et pleine.
Là bas dans le noir une veuve pleure en articulant mots de douleurs et prières mélangées.
Là bas le jour a tiré sa révérence. Il est temps de se couler dans l'oubli du repos: l'oubli qui libère du possible.
Je suis dans le train qui me conduit vers Paris
Ici le temps est bastonné à coup de centaines de kilomètres par heure, l'espace est éventré par nos corps enveloppés d'acier.
Ici une enfant - Eva - mène par le bout du nez - littéralement - des parents dépassés qui ne veulent rien faire pour l'attrister.
Malheur à la ville où le roi est un enfant.
Paris, je reviens dans ta tyrannie.